L’artiste est-il un « dérangé » ?
Tout porte à croire que le fond sur lequel s’organiste l’acte créateur est la mélancolie. Tout être humain en porte les germes et souffre à des degrés divers de cet état.
Les hommes normaux la fuient, l’oublient par l’exercice de la « vraie vie » : conjoint, conjointe, enfant, métier…
 
L’artiste quant à  lui accepte de ressentir autrement et renonce à une vision formatée. Sa sensibilité hors du commun et particulière atteint son plus haut niveau et le rend « voyant » Créer est donner forme, ce qui l’oblige à se plonger dans l’informe, à se mettre lui-même volontairement en situation de chaos tout en essayant de se stabiliser dans un cet état instable. La prise de risques pour un artiste est continuelle.
Déranger c’est ôter une chose de sa place… Les auteurs d’œuvres menacent la santé figée « bien pensante » Les œuvres par nature dérangent et sont attribuées pour se rassurer à des « dérangés »

 
Donc oui, l’artiste est un dérangé car il est insaisissable. Imaginer c’est s’absenter. Et pourtant la société délègue la fonction de créer à certains d’entre nous que vous nommez « les artistes » et dont vous consommez les œuvres.  
 
Qu'est-ce qu'un Artiste ?
D'abord, il l'est durablement. C'est donc au terme d'un long processus, d'un investissement personnel et rigoureux que l'on devient artiste. L'art ne relève pas seulement de l'inspiration, mais aussi du travail, de la patience, de l'apprentissage.
Puis il l’est singulièrement. Son oeuvre porte la marque d'une originalité définissable et il existe une entité indissociable entre elle et l’artiste.
Enfin il se construit une histoire unique et particulière qui est la sienne sans être celle des autres.